Elle aimait de toute son âme, comme on le lui avait appris jadis, effleurant dans ses danses et ses rêves , les doux parfums de l’extase, rêvant de partager cette Force d’Amour.

Pourtant son cœur se fatiguait, meurtri par la lutte menée, inlassablent, avec un corps, symbole, de ses douleurs de vie.
Elle se savait Forte, vulnérable, guerrière, aimante , nourricière, mais son corps, »mentalisé » l’entrainait, lui, vers des contraires. Elle était trop meurtrie par un Monde dont elle ne comprenait pas les codes et l’arrogance.

« Tu mérites d’être aimée » lui disait-on !…mais c’est quoi aimer pour vous?

Chacun avait sa réponse, ses codes, sa vérité. Elle cherchait en elle la force d’y croire encore, pour rester vivante,continuait d’aimer à sa façon.
Elle aimait et s’émerveiller de toute son âme mais son cœur s’essoufflait, éprouvé de courir sans cesse entre le cœur et la raison, éprouvé de vouloir rallier, sans cesse, un corps indifférent à la douceur de son Âme.
Seule, dans ses forêts et ses montagnes, bercée par la Force des éléments, enveloppée par l’Esprit de sa Terre, portée par Grande-Mère Lune: « izena duenak izana du ere » entendait-elle sans cesse.
Tout était là..
Dans l’eau froide d’un ruisseau, elle se laissait glisser, aimant retrouver la douceur et l’Amour transcendant de ses Mondes à elle. Immobile, elle se détachait de ce corps de souffrance, faisant taire ce corps bourreau pour simplement renouer, l’espace d’un instant, avec les chants de l’Âme


Isabelle

à mes enfants